Et voici l'évolution du concept, avec une différence assez fondamentale dans la manière de piloter les tubes de sortie et d'appliquer la contre-réaction.
http://www.audiyofan.org/forum/download/file.php?id=11332Pour bien comprendre l'idée, il faut comparer les trois architectures.
Le QUAD II : pilotage par G1 et contre-réaction fixe par la cathodeDans le QUAD II, comme dans un étage de puissance classique, le signal de commande est appliqué à la grille de contrôle G1 des tubes de sortie. La contre-réaction, elle, est appliquée au niveau des cathodes.
L'étage de sortie reste inverseur : une variation du signal de commande entraîne une variation opposée de la tension de sortie.
Le taux de contre-réaction dépend notamment du rapport d'impédance entre les enroulements du transformateur de sortie utilisés pour réaliser cette contre-réaction. Le transformateur fait donc partie intégrante du dispositif de correction.
Cette architecture est élégante, mais elle lie en partie le réglage de la contre-réaction aux caractéristiques du transformateur.
Le montage précédent : pilotage par G1 et contre-réaction par la cathode via un source followerDans la deuxième architecture, le principe de commande des tubes de sortie reste conventionnel : le signal est appliqué à G1.
La différence se situe dans le circuit de contre-réaction. Celle-ci est injectée au niveau des cathodes par l'intermédiaire d'un source follower, qui assure l'interface entre le circuit de correction et l'étage de puissance.
L'étage de sortie reste inverseur, mais le taux de contre-réaction n'est plus imposé par le rapport d'impédance de deux enroulements dédiés du transformateur. Il devient ajustable grâce à un pont diviseur de tension placé entre l'anode de l'autre tube et la masse. On dispose ainsi d'une plus grande liberté pour régler la correction en fonction des caractéristiques de l'étage de sortie et du reste du circuit.
La nouvelle architecture : pilotage par la cathode et contre-réaction sur G1C'est ici que le concept change réellement. Dans cette troisième configuration, le signal de commande des tubes de sortie est appliqué à leur cathode par l'intermédiaire d'un source follower. La grille de contrôle G1 reçoit, quant à elle, le signal de contre-réaction.
On inverse donc les rôles habituels des deux électrodes : la cathode devient l'entrée de commande, tandis que G1 sert de point d'injection de la correction. Dans cette configuration, l'étage présente un comportement non-inverseur, contrairement aux deux architectures précédentes.
Le taux de contre-réaction reste réglable au moyen d'un pont diviseur de tension entre l'anode et la masse. Le réglage peut donc être adapté au fonctionnement réel du montage, sans dépendre d'un rapport de transformation spécifique pour cette fonction.
Quels avantages peut-on attendre de cette approche ?
Une plus grande liberté dans le choix du transformateur: il n'est plus nécessaire de disposer d'un transformateur comportant un enroulement spécifique destiné à l'injection de la contre-réaction. Cela simplifie potentiellement le choix du transformateur de sortie et ouvre la voie à l'utilisation de composants plus conventionnels.
Un taux de contre-réaction ajustable: Le pont diviseur permet d'ajuster la quantité de signal réinjectée. On peut ainsi rechercher un compromis adapté au circuit complet, en tenant compte de la distorsion, de l'impédance de sortie, de la bande passante et de la stabilité. L'objectif n'est pas nécessairement d'obtenir le taux de contre-réaction le plus élevé possible, mais celui qui donne le meilleur résultat dans l'application visée.
Une contribution du source follower à la puissance disponible: Le source follower ne sert pas uniquement d'interface de commande : il participe à la fourniture du courant nécessaire au pilotage des tubes de sortie.
Selon le dimensionnement retenu et les conditions de fonctionnement, cette contribution peut permettre d'augmenter la puissance disponible avant écrêtage. Il faudra toutefois distinguer la puissance fournie par le source follower de celle délivrée par les EL84 au transformateur de sortie, afin de déterminer le gain réel obtenu sur la puissance audio totale.
Une plus grande marge de commande des EL84: Le pilotage par la cathode modifie les conditions de fonctionnement du tube. Il devient notamment intéressant d'étudier l'évolution de la tension G2-cathode (Vg2-k) au cours du signal.
Lorsque cette tension augmente dans les conditions appropriées, le tube peut être en mesure de fournir davantage de courant. Le résultat dépendra cependant du point de fonctionnement, de la tension disponible, des limites de dissipation et des caractéristiques dynamiques de l'EL84.
Ce point mérite donc une validation par simulation et par mesure, plutôt que d'être considéré comme un gain automatique.
La suite : comprendre, mesurer, puis optimiser
L'intérêt de cette architecture est qu'elle ouvre plusieurs pistes de travail sans imposer de conclusion dès le départ.
Une fois cette version de base comprise et optimisée, nous pourrons envisager l'étape suivante : l'introduction de CDiff+, avec une contre-réaction en courant réglable et la possibilité d'explorer des impédances de sortie aussi bien plus faibles que plus élevées.
L'idée est de procéder méthodiquement : d'abord valider l'architecture, ensuite optimiser la correction, puis seulement explorer les possibilités supplémentaires de CDiff+.